Citation
Pourra-t-on travailler 78 heures ?
Les ministres européens planchent, ce lundi, sur l'aménagement du temps de travail. Deux textes européens seront examinés aujourd'hui à Luxembourg. L'un sur le temps de travail, l'autre sur les intérimaires.
Temps de travail : un recul ? La proposition - débattue depuis six ans - modifie une directive de 1993 sur deux points.
Elle crée d'abord un « temps de travail inactif ». Les heures de garde très utilisées dans les hôpitaux, maisons de retraite ou sociétés de gardiennage... ne seraient ainsi plus décomptées comme temps effectif de travail. Sauf si une loi ou si les partenaires sociaux au niveau national décident le contraire.
Second point : la possibilité pour un salarié de travailler au-delà de la limite maximale de travail (48 heures par semaine) sera plus encadrée. Les patrons peuvent négocier au cas par cas des dérogations avec leurs employés. Dans certains cas bien définis, les Européens pourront travailler jusqu'à 78 heures par semaine.
Intérim : on avance ? Il n'y a pas jusqu'ici de législation au plan européen sur les intérimaires. Le texte prévoit un principe d'égalité, déjà inscrit dans la loi en France. Un intérimaire a les mêmes droits que le travailleur permanent qu'il remplace. Avantage : il met tous les États membres et tous les travailleurs à égalité.
Ces textes pourraient être adoptés séparément. En les regroupant, le compromis est plus facile. Certains États cèdent sur le premier texte, d'autres sur le second.
L'enjeu de la bataille ? Les Britanniques étaient jusqu'ici opposés à une législation sévère sur l'intérim. Comme syndicats et patrons viennent de signer Outre-Manche un accord anticipant le texte européen, leur opposition tombe. En revanche, sur le temps de travail, le Royaume-Uni, allié à l'Allemagne et à d'autres États, ne sont pas décidés à céder, face au camp emmené par la France et l'Espagne, qui entend limiter les dérogations à la durée du travail... C'est un paradoxe ! À Bruxelles, Xavier Bertrand européen est plus « social » qu'à Paris...
Les deux textes à l'étude définissent des exigences minimales, sans empêcher des règles nationales plus protectrices (semaine de 35 heures en France).
Nicolas GROS-VERHEYDE, Ouest-France
Les ministres européens planchent, ce lundi, sur l'aménagement du temps de travail. Deux textes européens seront examinés aujourd'hui à Luxembourg. L'un sur le temps de travail, l'autre sur les intérimaires.
Temps de travail : un recul ? La proposition - débattue depuis six ans - modifie une directive de 1993 sur deux points.
Elle crée d'abord un « temps de travail inactif ». Les heures de garde très utilisées dans les hôpitaux, maisons de retraite ou sociétés de gardiennage... ne seraient ainsi plus décomptées comme temps effectif de travail. Sauf si une loi ou si les partenaires sociaux au niveau national décident le contraire.
Second point : la possibilité pour un salarié de travailler au-delà de la limite maximale de travail (48 heures par semaine) sera plus encadrée. Les patrons peuvent négocier au cas par cas des dérogations avec leurs employés. Dans certains cas bien définis, les Européens pourront travailler jusqu'à 78 heures par semaine.
Intérim : on avance ? Il n'y a pas jusqu'ici de législation au plan européen sur les intérimaires. Le texte prévoit un principe d'égalité, déjà inscrit dans la loi en France. Un intérimaire a les mêmes droits que le travailleur permanent qu'il remplace. Avantage : il met tous les États membres et tous les travailleurs à égalité.
Ces textes pourraient être adoptés séparément. En les regroupant, le compromis est plus facile. Certains États cèdent sur le premier texte, d'autres sur le second.
L'enjeu de la bataille ? Les Britanniques étaient jusqu'ici opposés à une législation sévère sur l'intérim. Comme syndicats et patrons viennent de signer Outre-Manche un accord anticipant le texte européen, leur opposition tombe. En revanche, sur le temps de travail, le Royaume-Uni, allié à l'Allemagne et à d'autres États, ne sont pas décidés à céder, face au camp emmené par la France et l'Espagne, qui entend limiter les dérogations à la durée du travail... C'est un paradoxe ! À Bruxelles, Xavier Bertrand européen est plus « social » qu'à Paris...
Les deux textes à l'étude définissent des exigences minimales, sans empêcher des règles nationales plus protectrices (semaine de 35 heures en France).
Nicolas GROS-VERHEYDE, Ouest-France

Aide
Recherche(s) avancée(s)
Téléchargements
Liens
Glossaire
Calendrier
Shoutbox
Membres


















