SPRP: Dossier: Le Prix De La Sécurité - SPRP

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Dossier: Le Prix De La Sécurité A destination des acheteurs Noter : -----

#1 L'utilisateur est hors-ligne   Mickael 

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Posté 23 février 2007 - 01:35

source: http://www.sg.weka.f....asp?docid=3669

Citation

Dossier
Le prix de la sécurité



Tarification horaire ou forfait annuel ? Prix ultra bas ou budgets modulés ? Gardiennage humain ou télésurveillance électronique ? L’achat d’une prestation de sécurité suppose de répondre au préalable à ces questions.


Les responsables et directeurs de services généraux sont doublement concernés par la sécurité : en qualité d’acheteurs d’une part et d’utilisateurs d’autre part.

Simultanément, ils assistent à deux phénomènes.
- Première-ment, une demande accrue de prestations de sécurité depuis le 11 septembre 2001.
- Deuxièmement le déferlement d’une vague de prix ultra bas dont on se demande s’ils sont cohérents et durables.

Le marché de la sécurité est vaste, hétéroclite et en mutation permanente. Dans le seul domaine du gardiennage, on compte en France 4 000 entreprises totalisant 2 Mds € de chiffre d’affaires annuel. La durée de vie moyenne de ces sociétés est de un à deux ans, ce qui signifie qu’il en disparaît plusieurs centaines chaque année. Cette instabilité apparente ne doit pas faire oublier que la moitié de l’activité est assurée par une dizaine de grands groupes, dont les trois premiers sont étrangers.


Tarif moyen

En France, le tarif horaire moyen de gardiennage se situe aujourd’hui entre 13,70 et 18 € HT.
Dans le même temps, on constate avec stupéfaction que de grands donneurs d’ordres lancent des appels d’offres sur la base de 12,50 €. Certaines grandes surfaces ainsi que des administrations publiques notamment s’adonnent à ces pratiques.

À ce tarif, il paraît difficile de payer correctement les gardiens et il est douteux que les prestataires paient les cotisations Urssaf. D’où des écarts atteignant parfois 20 % dans les résultats d’appels d’offres. Des soupçons pèsent sur certaines entreprises parmi les moins disantes. Les pratiques illégales sont bien connues : il s’agit pour l’essentiel du paiement du personnel « au noir » et du non-règlement des heures supplémentaires. Au bout du compte, selon les estimations, un quart des entreprises de gardiennage, en nombre, serait en infraction avec la loi. Simultanément, et ce n’est pas un hasard, on assiste à la progression régulière des sociétés de sécurité électronique, qui représentent aujourd’hui un tiers du marché français global de la sécurité. Ceci s’explique par le fait que les prestataires réalisent de meilleures marges bénéficiaires sur ce type de services.

En tout état de cause, il est recommandé aux acheteurs et responsables de services généraux de se procurer la brochure Choisir le meilleur rapport qualité-prix éditée par la Confédération européenne des services de sécurité. Ce document est également accessible sur Internet : www.securebestvalue.org . Il explique comment mener une mini-enquête sans se laisser abuser par les apparences. Le principal piège est de souscrire un forfait annuel plutôt qu’un paiement à l’heure, l’idéal est d’obtenir du prestataire une décomposition de son tarif horaire.


Où sont les valeurs ?


Mais la réduction des coûts ne doit pas occulter les questions primordiales. À savoir : quelles sont et où se situent les valeurs et les richesses de l’entreprise ? Quels sont les points stratégiques ? Quels sont les événements susceptibles de bloquer l’entreprise ? Que mettre en œuvre pour diminuer la menace ? La réponse à ces questions passe par un audit initial.
Lequel audit permet de rédiger un appel d’offres cohérent pouvant générer 10 à 15 % d’économies.
Le premier avantage d’une telle étude est d’éviter les surcoûts flagrants. Parmi ceux-ci, on se défiera, même si ces cas sont caricaturaux, des caméras couleurs qui surveillent les coins sombres et des détecteurs périmétriques, qui, à force de signaler les souris ou les lapins, n’entraînent plus de réaction humaine.

La question centrale demeure : où se trouvent les richesses de l’entreprise ? Réponse : il s’agit le plus souvent de contrats, de brevets, de coffres-forts, d’armoires de documents ou de serveurs informatiques. Rien ne sert de déployer des systèmes toujours plus sophistiqués sur des milliers de mètres carrés de bureau si le seul risque est de se faire voler un stylo Mont Blanc ou un téléphone portable de temps à autre. La vraie richesse d’une entreprise se concentre souvent sur 10 % de la superficie de son site immobilier. En matière de contrôle d’accès, par exemple, il n’est pas nécessaire de filmer en permanence les points d’entrées. Des enregistrements programmés à certaines périodes de la journée peuvent suffire.

Dans le même ordre d’idées, mieux vaut éviter de confier un trop grand nombre de tâches aux agents de sécurité. Dévoluer à un seul homme la supervision du contrôle des accès, la gestion technique du bâtiment et la surveillance vidéo sur 60 000 m2, par exemple, n’est pas réaliste. À ceci s’ajoute un problème de revalorisation du métier d’agent de sécurité.

Cette fonction, généralement rémunérée au Smic, exige parfois des compétences : parler une langue étrangère, avoir une formation de secouriste, voire une expérience de sapeur-pompier. Ce paradoxe amène parfois les agents de sécurité à se faire débaucher par la concurrence pour 50 e supplémentaires par mois. En Belgique, où ce métier est reconnu, le tarif horaire est de l’ordre de 25 € HT contre 15 € en France.

Outre le salaire, il faut également considérer les contraintes du métier. Tout le monde ne peut pas travailler la nuit ou le week-end. En conséquence, les sociétés de sécurité abaissent leurs critères d’embauche et recrutent aujourd’hui des personnels qu’elles auraient refusés il y a cinq ans. Toutefois, ce problème ne se pose pas dans les immeubles de grande hauteur, où plusieurs pompiers sont disponibles dans les postes de contrôle.



Double emploi


Les salaires modestes ont une conséquence directe sur le travail. Les gardiens multiplient les doubles emplois : ici, ils ont une fonction de voiturier, là de plombier occasionnel... La qualité des prestations s’en ressent tôt ou tard. L’instauration des 35 h a accéléré cette course aux « petits boulots ». Elle a restreint le recours aux heures supplémentaires, qui constituaient un complément de revenu non négligeable pour les gardiens. Au reste, la sécurité n’est pas seulement une question de prix, mais aussi de savoir-faire. Dans ce domaine, les entreprises affichant une charte de qualité et une certification sont indiscutablement les mieux placées. Aujourd’hui, en France, on compte seulement une quinzaine d’entreprises de sécurité certifiées NF Services prévention et sécurité sur un total de 4 000, et ce alors que la norme a été créée voici plus de trois ans…

« Le marché de la sécurité est aujourd’hui en phase de consolidation », note Patrick Haas, éditeur de la lettre professionnelle En Toute Sécurité, « après la course aux fusions et acquisitions, il semble aujourd’hui que les entreprises prestataires se soucient davantage de qualité de service et d’écoute du client. Dans ce contexte, les petites sociétés sérieuses ont toutes leurs chances ». Pierre-Yves Charli, Directeur des services généraux de Microsoft France, abonde en ce sens : « J’hésite de plus en plus à signer avec de grandes entreprises de sécurité. Les petites sociétés sont plus à l’écoute du client et ne tombent pas dans les travers de la sous-traitance en cascade ».

Cette pratique de la sous-traitance en cascade génère en effet un surcoût pour le client : si un prestataire signe un contrat sur une base horaire 15 € HT, puis confie l’affaire à un « sous-sous-traitant » pour 13 €, il coûte à l’évidence 2 € de trop au client. Il existe heureusement un moyen simple de se prémunir contre cette dérive : le client peut tout simplement l’interdire par contrat.


Vérifier les compétences


Sur le terrain, la carte professionnelle des agents devrait être visible et exigible en permanence. Contrôler régulièrement les gardiens est la solution la plus efficace pour lutter contre la sous-traitance en cascade. Outre sa carte professionnelle, le gardien devrait également être en mesure de présenter son livret de formation. La loi sur la sécurité intérieure votée en janvier 2003 oblige à justifier de son aptitude professionnelle pour exercer le métier. Cette loi va progressivement changer la donne au niveau de la qualification des agents. Le livret individuel de formation devrait progressivement s’imposer et permettre aux clients de s’assurer des compétences des personnels qui lui sont affectés. Une révolution est en marche de ce point de vue. Il convient également de se méfier de certaines clauses du contrat. Dans le cas de la télésurveillance par exemple, les sociétés de sécurité mentionnent fréquemment un délai d’intervention de quinze minutes après déclenchement d’une alerte. Dans la réalité, il n’est pas rare que le délai dépasse la demi-heure. Il faut donc rester réaliste et ne pas demander l’impossible à son fournisseur.
Dans le passé, certaines sociétés de sécurité peu regardantes ont provoqué elles-mêmes des alarmes afin de justifier leurs prestations. Il ne faut pas se laisser abuser par ce petit jeu.

Au final, le marché français de la sécurité se caractérise aujourd’hui encore par une certaine immaturité. Un tiers des sociétés de gardiennage affiche des pertes et la marge bénéficiaire moyenne de la profession avoisine 1 %. En outre, l’univers de la sécurité doit se préparer dès à présent à un véritable séisme.

Tous les experts s’accordent à penser qu’une restructuration massive interviendra en 2005 lors de l’arrêt des aides à l’emploi de type « Aubry 1 ». Dans ce contexte, pratiques illégales et prix ultra bas auront de moins en moins leur place.


À l’attention des RSG qui recherchent des informations sur les prestations de sécurité, signalons que le Syndicat national des entreprises de sécurité (Snes) a ouvert son site Internet à l’adresse www.e-snes.org . On y apprend notamment comment vérifier les obligations légales qui s’appliquent aux entreprises prestataires. On peut télécharger la composition actualisée du tarif horaire moyen d’un agent de sécurité. De nombreux conseils pratiques y sont prodigués : comment se prémunir contre le délit de marchandage ou la sous-traitance en cascade, tout savoir sur la certification NF ou ISO, quels sont les prestataires membres du Snes et, par-là même, respectant sa charte professionnelle, etc.

Ce message a été modifié par Mickael - 23 février 2007 - 01:36 .

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#2 L'utilisateur est hors-ligne   Mickael 

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Posté 23 février 2007 - 01:38


10 questions à poser avant d’acheter une prestation de sécurité


1. L’entreprise prestataire a-t-elle un numéro de déclaration à la préfecture
du département (loi n° 83-629 du 12 juillet 1983) ?


2. Le personnel affecté sur le site est-il déclaré et rémunéré selon la convention collective et les accords paritaires de la nouvelle « Plate-forme sociale de la sécurité privée » d’octobre 2000 ?

3. L’entreprise prestataire paie-t-elle ses charges sociales et fiscales ?


4. Quelle est la qualification du personnel proposé ?


5. Le personnel affecté au site est-il formé et, sinon, qui va le former ?

6. Que se passe-t-il si l’agent affecté au site est absent ?

7. Le personnel affecté au site est-il contrôlé et comment ?

8. L’entreprise prestataire dispose-t-elle d’une permanence 24h/24 (obligatoire) et quel est son numéro ?

9. Quel contrat me propose-t-on (budget annuel ou tarif horaire) ?

10. L’entreprise prestataire dispose-t-elle d’une assurance en responsabilité civile ?

Source : SNES
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#3 L'utilisateur est hors-ligne   SGI 

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Voir le messageMickael, le 23-02-2007, 01:35, dit :


NI PLUS NI MOIN :lol: ;) :lol:
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#4 L'utilisateur est hors-ligne   sphynx 

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Posté 27 mai 2008 - 10:56

Salut Mickael,
bravo de toucher véritablement et en PEU de lignes les problèmes de la profession. Je dis bien en PEU de lignes car il en faut plus pour rien que survoler nos réalités qui sont d'ailleurs les mêmes à quelques variantes près, sous tous les cieux.
Moi qui suis en Côte d'Ivoire, en te lisant je rerouves quasiment les mêmes préocupations, approches, et solutions envisageables etc.
bravo :top: ;)

A+ :rolleyes: :top:

Voir le messageMickael, le 23-02-2007, 02:35, dit :


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