Alors pour apporter quelques précisions: la protection via le dépôt de la marque (et l'enregistrement au Bulletin Officiel de la Propriété Industrielle) à l'INPI a une durée de 10 ans (et non 5).
J'ai l'antériorité (création en mai 2006, dépôt en juin 2007) sur l'utilisation de mes "concurrents" qui ont tous au plus 18 mois d'existence, dans le même domaine que moi.
J'ai contacté mon comptable pour savoir ce qu'il pensait de la situation, et bien qu'il ne soit pas trés chaud à l'idée d'une action en justice, m'a donné les coordonnées d'un avocat spécialisé à qui j'ai exposé ce qui suit.
1) La concurrence ne me gêne pas, du moment qu'elle est honnête (je considère même la concurrence comme une émulation au commerce); j'ai d'ailleurs un concurrent direct à dix mètres de mon établissement.
2) Le soucis se situe à d'autres niveaux:
- je conserve le monopole de cette marque pendant dix ans, mais si je ne m'oppose pas à son utilisation pendant trois ans, je ne pourrais ensuite plus le faire; de ce fait, je perds le bénéfice d' un bien incorporel de l'entreprise;
- si je m'y oppose, deux solutions s'offrent à moi: soit je m'oppose totalement à l'utilisation de la marque en me basant sur le préjudice né de la contrefaçon, soit je fixe des conditions à l' utilisation commerciale de la marque.
C’est sur ces derniers points que je sollicite un avis:
- dans le cas où les autres entreprises refusent de renoncer à l'utilisation de la marque, est-il opportun de lancer une action en justice ?
- dans le cas où les autres entreprises acceptent mes conditions à l'utilisation de la marque, je serais contraint d'établir une relation contractuelle basée sur la franchise: de cette éventualité s'ensuivent de nombreuses responsabilités.
Concernant le préjudice s' ensuivant de la contrefaçon, la marque n'étant pas très connue il n'est évidemment pas très conséquent, néanmoins, j'ai déjà pu constater que certains de mes "concurrents" étaient pour le moins peu regardants au point de vue de la législation. Comme par exemple un défaut de dépôt des comptes. Cela reste somme toute banal, mais si de mon côté je m'en aperçois, n'importe qui le fera aussi et risque d'en tirer des conclusions infondées.
D’autre part, grâce au développement des NTIC, l'éloignement physique ne joue plus un si grand rôle dans la concurrence, et celle-ci devient vite déloyale dans un tel cas. Sans compter les similitudes pour le moins troublantes que j'ai pu observer entre le site internet d'un autre salon de coiffure et celui du mien.
Enfin, il se trouve que par le biais d'internet se développe de plus en plus des moyens de comparaison et de notation de la part de la clientèle, qui pourraient semer le trouble dans l'esprit du public.
Tout ceci me donne à réfléchir sérieusement...
Le problème étant posé, voici quelques précisions:
- J'ai envoyé des courriers à l'ensemble de ces personnes, en précisant que j'étais "ennuyé" (en donnant les mêmes raisons), mais que je ne voulais pas la "guerre". Je leur ai donc proposé, soit de changer de nom, avant que je ne soit obligé d'aller plus loin, soit de s'arranger "à l'amiable".
- Sur les 8 personnes contactées, 5 n'ont pas daigné me répondre, 1 a proposé d'étudier un arrangement, une m'a carrément envoyé ballader en me menaçant de m'attaquer en justice, en signalant qu'elle allait s'arranger pour s'allier au reste des personnes concernées, et 1 m'a dit qu'elle allait se retourner contre les pouvoirs publics (entre autre l'INPI et la Chambre du Commerce) qui ne lui avaient pas signalé qu'elle devait vérifier la disponibilité avant de choisir un nom commercial.
- J'ai contacté l'INPI, qui me confirme:
1) que j'ai bien tous les droits sur cette marque
2) que mes concurrents encourrent de graves sanctions, notament pénales, en raison du délit de contrefaçon dont ils sont coupables (le fait d'ignorer la loi sur ces points ne les éxonère pas), en dehors des sanction éventuelles au civil
3) que le fait que quelqu'un veuille les attaquer les fait bien rigoler.
Mais cela ne m'aide toujours pas à faire un choix dans la marche à suivre: help me...
PS: je rappelle que mon cas est un salon de coiffure, mais que je pose ici ces questions sur un ordre général, le même problème pouvant subvenir à n'importe quelle entreprise, y compris celles de sécurité.
Ce message a été modifié par Didier - 17 avril 2009 - 21:49 .